Joe Cocker
Maxi Pop 3, 13 juillet 1972 © Jacques Leblanc
With A Little Help From My Friends
Personnel : Paul Humphries, Clem Cattini, Mike Kellie, B. J. Wilson, Kenny Slade : batterie ; Carol Kaye : basse ; David Cohen, Tony Visconti, Jimmy Page, Henry McCullough, Albert Lee : guitares ; Artie Butler, Tommy Eyre : piano ; Laudir : tumba et maracas ; Brenda Holloway, Merry Clayton, Patrice Holloway, Madeline Bell, Sunny Wheatman, Rosetta Hightower, Sue & Sunny Wheatman : backing vocals ; Chris Stainton : basse, piano et orgue ; Matthew Fisher, Steve Winwood, Tommy Eyre : orgue.
Vous avez vu un peu la brochette de musiciens qui accompagnent selon les titres Joe Cocker sur cet album, ça se passe de tout commentaire, enfin allons-y !
C’est le « Feelin’ Alright » de Dave Mason qui débute ce premier long playing de Maître Cocker, qui du fantastique morceau de Traffic fait un chef-d’œuvre encore plus grand, comme si c’était possible. On enchaîne sur « Bye Bye Blackbird » où Jimmy Page se fait remarquer par un chorus de guitare non négligeable. Joe chante à merveille ce blues de Dixon. « Change In Louise » est une composition de Cocker & Stainton, très bluesy et emmenée comme à l’habitude par la voix de géant de Joe. « Marjorine », le premier succès d’estime, suit et manifestement ça méritait beaucoup plus que cela. Mention spéciale à Page et au guitariste Albert Lee (il serait temps de le découvrir celui-là) pour la rythmique qu’ils insufflent à « Marjorine ». Pour « Just Like A Woman » de Bob Dylan, Chris Stainton, le maître des claviers, a pris la basse pour laisser sa place à Matthew Fisher à l’orgue et Tommy Eyre au piano. Encore une fois Cocker métamorphose au mieux le succès d’un autre. À sa manière il est un créateur.
C’est sur un blues que s’ouvre la face deux avec « Do I Still Figure In Your Life ? » où apparaît le petit génie Steve Winwood. De nouveau un morceau de l’association Stainton-Cocker, prouvant que ce dernier n’est pas seulement un adaptateur, c’est « Sandpaper Cadillac » où Chris fait à peu près tout excepté chanter ; n’est-ce pas monsieur Cocker, c’est là votre affaire et vous vous en tirez avec un brio époustouflant. C’est le célèbre « Don’t Let Me Be Misunderstood » que nous firent connaître les Animals qui suit ; c’est égal à la version d’Eric Burdon et pour moi ça correspond à un immense compliment, sans compter que Cocker a pour l’époque une plus belle voix que Burdon. Si ce morceau ne vous prend pas aux tripes, sans dénaturer l’esprit de cette expression, c’est que le feeling du blues et surtout celui de Cocker ne vous touche pas ; bon passage d’orgue avec Tommy Eyre.
Enfin c’est le titre de choix qui donne son nom à l’album pour finir de vous convaincre si ce n’était encore pas fait, j’ai nommé « With A Little Help From My Friends » de Lennon & McCartney. J’en profite au passage pour tirer mon chapeau aux choristes et une nouvelle fois à Page ; pour Joe c’est d’office. La face deux se termine, comme la une, par un titre de Dylan qui a fait couler beaucoup d’encre en son temps : « I Shall Be Released » avec de nouveau la participation de Steve Winwood. Si je vous dis que c’est géant, je pense que je ne vous surprendrai pas. Allez ne nous attendrissons pas. Cocker second nous attend.
Joe Cocker !
Personnel : Chris Stainton ; Leon Russell : piano, orgue et guitares ; Alan Spenner : basse ; Bruce Rowlands, Paul Humphries : batterie ; Henry McCullough, Sneaky Pete, Clarence White : guitares ; Milt Holland : percussions ; Merry Clayton, Bonnie Bramlett, Rita Coolidge, Patrice Holloway, Shirley Matthews : backing vocals.
Depuis l’enregistrement de « Feelin’ Alright », Joe Cocker avait commencé à travailler avec d’autres musiciens que ses friends de Procol Harum et autres Page et Winwood, le Grease Band et Chris Stainton, et il ne devait pas tarder à s’acoquiner avec Leon Russell et des gens de Delaney & Bonnie pour préfigurer « Mad Dogs & Englishmen ». En attendant c’est son deuxième album enregistré en 1969 que voici ; ça débute avec Dylan et « Dear Landlord » pour continuer avec Leonard Cohen et « Bird On The Wire » où l’on voit Joe donner un impact fantastique à ces textes, par sa voix remarquable.
Tout ceci ayant fait travailler le cerveau, un peu de country-rock avec solo de guitare pas dégueulasse nous remettra ; ça s’intitule « Lawdy Miss Clawdy » et j’espère que ça vous dit quelque chose, enfin les vieux rockers, eux, doivent connaître, son compositeur a pour nom Lloyd Price. On enchaîne sur Lennon/McCartney avec « She Came In Through The Bathroom Window », très bien enlevé et qui encore une fois surpasse la version originale. Tout cela s’achève dans le rock sur le traditionnel « Hitchcock Railway » avec intro de piano, pour être ensuite drainé par la voix de Cocker. On en arrive à la face deux pour l’unique collaboration et composition de Stainton & Cocker ; c’est regrettable mais déjà le père Russell commençait à se placer. En tout cas « That’s Your Business » est un morceau très sympathique. Et on repasse aux Beatles, mais cette fois-ci avec un titre de Harrison, en l’occurrence « Something », que Cocker interprète encore une fois merveilleusement bien – avec l’aide de ses amis. C’est du grand Beatles remanié à la Cocker, ça doit être difficile sinon impossible de faire mieux.
Déjà les premières notes de piano de « Delta Lady » sortent des baffles, et Russell arrive au triple galop ; n’empêche que, la question humaine mise à part, c’est le panard. « Hello, Little Friend » est aussi une composition du bon Leon ; c’est un très joli slow et la voix de Joe Cocker s’y prête avec talent. C’est sur un titre de l’ex-Lovin’ Spoonful, John B. Sebastian (qu’est-ce qu’il devient celui-là ?), « Darling Be Home Soon », que ce 30 cm prend fin.
Cocker Happy
Nous glisserons, vite fait, sur cet album, non qu’il soit mauvais, loin de là cette idée, mais il s’agit d’une espèce de synthèse/best of des deux albums que l’on vient de voir. Néanmoins trois titres méritent notre attention car ils ne figurent pas sur les autres, ce sont : « She’s Good To Me » de Stainton et Cocker assez rhythm ‘n’ blues, « Something’s Coming On », un autre morceau de leur composition, très intéressant par le travail de Chris Stainton et le chant de Joe Cocker. Le dernier titre étant le sublime « The Letter », popularisé par les Box Tops et dont Cocker a fait une merveille ; ça se passe de tous autres commentaires, tellement c’est fort. À titre indicatif je vous donne les autres morceaux qui composent ce pressage : « Hitchcock Railway », « She Came In Through The Bathroom Window », « Marjorine », « Hello, Little Friend », « With A Little Help From My Friends », « Delta Lady », « Darling Be Home Soon », « Do I Still Figure In Your Life ? », « Feelin’ Alright ».
